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Battements d’ailes création mondiale commande de l’Orchestre de Picardie
Tout est parti d'un trait de clarinette.
Un trait musical rapide mais simple, d'abord descendant, puis montant.
Je me souviens l'avoir eu dans ma tête pendant des jours et des jours, essayant d'imaginer à quel monde il pourrait donner
naissance.
Sans doute étais-je sous l'emprise de ce qu'on appelle "l'effet papillon" : le battement d'ailes d'un papillon, dans un
coin de la planète, engendre dans l'air des remous qui peuvent se transformer en une tempête quelques jours plus tard à l'autre extrémité du globe.
Quelque chose d'analogue s'est produit avec cette pièce, sa forme est le résultat d'un long processus aux variations et à
l’ampleur insoupçonnables, mais entièrement dépendantes de sa condition initiale.
Ainsi, le mélisme du début ne cesse d'évoluer, de provoquer des résonances autour de lui et même de catalyser des motifs
mélodiques indépendants, tels que celui basé sur un mi aigu, joué par le marimba, la harpe et les cordes à différents moments de l'œuvre.
Mais les battements d'ailes n'appartiennent pas uniquement aux papillons : le motif initial n’est que froissement, avant de
prendre corps et de s'amplifier, à tel point qu'à certains moments, il faudra imaginer des condors survolant un paysage sonore tourbillonnant.
Autrefois c'était des vagues, aujourd'hui ce sont des ailes. Il est évident que le modèle ondulatoire hante ma pensée musicale
depuis un certain temps. Il se manifeste de la façon la plus emblématique, par le geste instrumental qui dessine l'objet référent, mais aussi par l'ondulation de timbres, de rythmes et de
textures, mis en lumière par un champ harmonique microtonal.
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