Isabelle Aboulker
                  Francis Poulenc
                  Gabriel Fauré
                  Alberto Ginastera
                  Ricardo Nillni
                  Honegger - Milhaud
                  Mario Lavista

Gabriel Fauré

Ballade pour piano et orchestre op. 19
Masques et Bergamasques op. 112
Fantaisie pour piano et orchestre op. 111
Pelléas et Mélisande op. 80

© 2002 - ASSAI n°222 122

“La réussite d’Emmanuel Strosser a été ici d’unifier encore davantage le propos. Son toucher est élégant mais jamais affecté, et il possède un sens très sûr de ce qu’il y a eu de privilégier dans une écriture pianistique très dense, où il vaut mieux renoncer à faire tout entendre. Le travail de l’Orchestre de Picardie est de la même tenue. Les effectifs semblent assez réduits, les timbres ne sont pas toujours les plus somptueux du moment, mais l’engagement de tous les pupitres et un réel sens de l’écoute concourent à un résultat musicalement intéressant. On a beaucoup apprécié en particulier la modération des tempos dans Masques et Bergamasques, que l’on prend souvent trop vite sous prétexte de légèreté verlainienne, et qui ici prennent le temps de respirer à loisir, en laissant s’exhaler de délicieux parfums. La fin de la Fantaisie aurait peut-être gagné à davantage d’ampleur, mais le travail d’Edmon Colomer semble davantage orienté vers une analyse très fine que vers des effets spectaculaires, et c’est finalement tout à son honneur. Enfin Pelléas et Mélisande est interprété avec beaucoup de tact et une émotion sincère.
Un bien joli disque, dont même la modestie sait nous toucher.”
 Laurent Barthel,  Répertoire - janvier 2002

Entre la Ballade pour piano de ses trente-deux ans, devenue Ballade pour piano et orchestre deux ans après, et sa Fantaisie pour piano et orchestre créée trente-huit saisons musicales plus tard, Gabriel Fauré a conservé un style très personnel. A une grande connaissance du maniement des modes s'ajoutait une solide formation harmonique due à Camille Saint-Saëns. Entre ces deux œuvres, qui forment l'ossature de ce disque consacré à Fauré par l'excellent Emmanuel Strosser et l'Orchestre de Picardie dirigé par Edmon Colomer, il y a toute une vie. Ce CD se conclut par la suite de Pelléas et Mélisande, tirée de la musique de scène composée pour la représentation à Londres en 1898 de la célèbre pièce de Maeterlinck, et dont l'orchestration est due à Charles Koechlin. En novembre 1918, le prince de Monaco commandait à Fauré une oeuvre scénique en un acte. Ce fut Masques et Bergamasques, dont la musique, inspirée de travaux de jeunesse, se transforma en Suite symphonique. Par son interprétation soignée et généreuse, l'Orchestre de Picardie confirme que l'excellence n'est pas seulement l'apanage des ensembles parisiens.”
François Vercken, Le Monde de la musique - janvier 2002

“Dès l’énoncé de la célèbre Ballade, on perçoit combien le jeu contenu mais sensible d’Emmanuel Strosser convient bien à Fauré. De fait, autant la Ballade que la Fantaisie, plus vigoureuse et nettement moins connue (et c’est bien dommage !), sont ici des poèmes émouvants, emplis d’une lumière diaphane et d’un lyrisme affectueux, qui bénéficie en outre d’un orchestre très prévenant dans son rôle d’accompagnateur.”
Jérôme Bastianelli, Diapason - janvier 2002

Le programme Fauré de cet enregistrement est des plus intelligemment conçus, mettant en regard la séduisante et lumineuse Ballade pour piano et orchestre avec la Fantaisie pour piano et orchestre d’une expression décantée. Autre croisement, celui des Masques et Bergamasques et de Pelléas et Mélisande, suites symphoniques en quatre mouvements, toutes deux extraites de musiques de scènes préexistantes. Dans les deux œuvres concertantes, Strosser est soutenu par un orchestre raffiné, discret, et délicatement expressif; son piano est d’une fluidité quasi aquatique, qui ondoie subtilement à travers les flux et reflux du discours fauréen : l’ensemble est de toute beauté. Emmanuel Strosser sait trouver les dosages quasi parfaits pour les chatoiements coloristes de la Ballade comme pour la franchise énergique de la Fantaisie. Piano raffiné mais sans manières, élégant mais jamais alangui, réunissant les qualités d’une Alicia de Larocha, inoubliable dans la Fantaisie, à celles du superbe Jean Hubeau, qu’il égale aisément pour la Ballade. […] La prise de son, très naturelle, laisse entendre les fort beaux pupitres de l’Orchestre de Picardie (hautbois de La Fileuse, flûte de La Sicilienne).
Jean-Jacques Groleau, Classica - février 2002

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